Peut-on vraiment tourner la page après un deuil ?
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Une question qui serre le cœur
Combien de fois avez-vous entendu cette phrase : « Il faut faire son deuil » ?
Elle sonne comme un devoir, une étape obligatoire à franchir, presque un passage à cocher pour « aller mieux ». Mais peut-on réellement tourner la page quand on a perdu un être cher ? Est-il possible de refermer cette blessure sans en effacer les cicatrices ?
Ce que cache vraiment cette expression
Faire son deuil n’est pas une injonction à oublier. C’est un processus intérieur, profondément humain, qui ne suit aucune règle chronologique stricte. Selon Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre pionnière sur le sujet, ce cheminement passe par cinq étapes : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et enfin l’acceptation.
Ces phases ne sont pas linéaires. Certaines personnes endeuillées les traversent dans un ordre différent. D’autres revivent certaines étapes plusieurs fois. Ce qui est sûr, c’est que cette épreuve n’est jamais une ligne droite, mais un sentier escarpé où l’on avance par à-coups, entre souvenirs, regrets et quête d’apaisement.
Et ce qui la rend encore plus complexe, c’est que la société attend souvent qu’on « aille mieux », qu’on soit « fort », qu’on reprenne « le cours de sa vie ». Or, comment vivre normalement quand un être aimé nous manque chaque jour ?
Ce que disent les spécialistes
Des psychologues comme Marie-Frédérique Bacqué ou Michel Hanus insistent sur l’importance de respecter le rythme de chacun. Il n’y a pas de durée officielle pour « faire son deuil ». Pour certains, il faudra des mois. Pour d’autres, des années. Et parfois, le manque ne disparaît jamais, mais se transforme.
Cette absence devient alors un compagnon silencieux, qui n’empêche plus de vivre, mais qui rappelle que l’amour laissé par le défunt continue de nous habiter. Ce n’est pas un oubli. C’est une forme de reconstruction.
Des structures proposent aujourd’hui un accompagnement : groupes de parole, soutien psychologique, consultations spécialisées. Ces aides permettent d’alléger le chagrin, d’exprimer sa culpabilité, de pleurer sans honte, de comprendre que la douleur n’est pas un échec.
Le suivi peut également aider à repérer les signes d’un processus de deuil compliqué, lorsque la souffrance devient chronique, que la tristesse ne s’apaise jamais, ou que la personne endeuillée s’enfonce dans un isolement profond.
Et maintenant, que faire ?
Alors non, on ne fait jamais « complètement » son deuil. On apprend à vivre avec. Peu à peu, on avance malgré cette absence, sans la nier. La mémoire de l’être disparu reste vivante, tandis que l’on réinvestit progressivement sa propre vie.
Il est essentiel de ne pas culpabiliser si l’on pleure encore, même longtemps après les obsèques. Parler du défunt, garder une photo, raconter des anecdotes reste sain et naturel. Aucune manière « idéale » de traverser cette épreuve n’existe ; il n’y a que des façons sincères de la vivre.
Vous n’avez pas à porter ce fardeau seul.
Entourez-vous. Recherchez de l’écoute. Et surtout, accordez-vous le droit de ressentir.
Perdre un être cher n’est pas une faiblesse. C’est la preuve que vous avez aimé profondément.
À retenir
- Le travail de deuil est un processus personnel et souvent long.
- Il ne s’agit pas d’oublier, mais d’apprendre à vivre autrement.
- Un accompagnement peut vous aider à traverser cette période difficile.
- Pleurer, parler, se souvenir : tout cela fait partie d’un chemin vers un apaisement progressif.
Sources
Foire Aux Questions – Faire son deuil
Il n’existe pas de durée universelle pour faire son deuil. Le temps du deuil dépend de nombreux facteurs : la relation avec le défunt, les circonstances du décès, le soutien social, ou encore la personnalité de la personne endeuillée. Cela peut prendre plusieurs mois ou plusieurs années.
Oui. Faire son deuil ne signifie pas oublier ou cesser d’aimer l’être perdu. Pour beaucoup, le deuil ne se termine jamais vraiment, mais devient une présence silencieuse avec laquelle il faut apprendre à vivre.
Les cinq étapes du deuil sont :
Le déni
La colère
Le marchandage
La dépression
L’acceptation
Ces phases peuvent se manifester dans un ordre variable, parfois même se répéter.
Si la douleur du deuil devient trop lourde, persistante ou vous empêche de vivre, il est recommandé de consulter un professionnel du deuil (psychologue, thérapeute, ou association spécialisée). Il peut s’agir d’un deuil compliqué ou pathologique, nécessitant un accompagnement spécifique.
Absolument. Faire son deuil ne veut pas dire effacer les souvenirs. Au contraire, le processus de deuil consiste à intégrer la perte tout en conservant un lien intérieur apaisé avec la personne disparue.
